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La vie des formes
Dans l'Art, la nouveauté est une anecdote.

En 1987, au moment où je découvrais les grottes préhistoriques du Pech-Merle dans le Lot, j’ai acquis la conviction que dans les arts plastiques, celui qui recherche la reproduction sans fin des valeurs post-modernes pour construire son oeuvre fait fausse route. Avec les hommes de Cro-magnon, les œuvres qui habitent les grottes Chauvet nous rappellent que la nouveauté dans l’art est de l’ordre de l’anecdote et leur contemplation exige de nous beaucoup de modestie.

Aujourd’hui, les signes anthropomorphes gravés par les préhistoriques sont le support de nouvelles recherches pour mes photographies sur le thème du nu. J’ai engagé d’autre part un travail de portraitiste dans les quartiers populaires de France où j’ai photographié à ce jour plus de 11000 personnes. L’image fantastique reste cependant à l’origine de ma vocation photographique. C’est ce travail que je présente ici. Je pratique la technique du photomontage avec le procédé argentique depuis 1971. Le numérique est devenu depuis un formidable outil supplémentaire, mais cependant, son usage ne change rien à la qualité intrinsèque d’une image.

Je crois à la vie des formes, elles nous sont communes et nous réunissent. L'artiste, avant d’en être l’auteur, en est le médium. Quand je regarde l’une de mes images non retouchée en laboratoire ou sur l’écran, je m’en empreigne et arrive le moment où celle-ci s’anime pour moi d’une autre vie. Ce qui « doit » être ajouté, transformé ou enlevé s’impose comme une évidence. Il n’y a ni règle précise, ni processus à décrire. Je ne peux expliquer cela.
François Mauriac écrivait que le gémissement du vent n’est émouvant que parce qu’il est humain. Seul l’homme m’intéresse !

Christian Siloé
25 mai 2007
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